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Frais bancaires : les tarifs s'assagissent en 2018


 
 
194,30 euros : c'est, selon le comparateur Panorabanques, le montant moyen des frais bancaires prévu pour 2018. Des tarifs qui, concurrence oblige, s’assagissent l'année prochaine. Mais qui ne font pas oublier l'enquête de l'association 60 Millions de consommateurs, publiée voilà quelques semaines, et qui pointait "une ahurissante mécanique de tarification mise en place par les réseaux bancaires". Décryptage.
 
 

Quatrième année de hausse pour les frais bancaires


186,20 euros en 2015, 190,50 euros en 2016, 193,80 euros en 2017 et, donc, 194,30 euros en 2018. Les frais bancaires (frais de tenue de compte, tarifs des cartes bancaires, coût des retraits dans les distributeurs de billets appartenant à d’autres établissements, commissions d'intervention, avis à tiers détenteur…) augmentent pour la quatrième année consécutive. Ils le font, en revanche, un peu moins que les années précédentes : + 0,25 %, soit une légère augmentation, inférieure à l'inflation constatée en 2017 (+1,02 %).

Aux banques classiques et en ligne s'ajoutent de nouveaux opérateurs


La raison ? Un contexte particulier, qui pousse les banques à chercher à fidéliser au maximum leurs clients. Et à ne pas les "pousser" vers des concurrents. Depuis février en effet, il est devenu beaucoup plus simple de changer d'établissement bancaire. Quant à la concurrence, elle n'est plus faite uniquement des banques "classiques" (Caisse d'épargne, BNP, Banque populaire…) et des banques en ligne (Boursorama, ING Direct, Fortuneo…). Les opérateurs téléphoniques s'y mettent aussi, le premier ayant dégainé son offre n'étant autre qu'Orange, avant peut-être de voir Free proposer aussi sa FreeBank. "Les taux d’intérêt bas ont bénéficié aux Français mais ils ont pesé sur la rentabilité des banques, analyse Guillaume Clavel, fondateur de Panorabanques, un comparatif des banques. Depuis quelques années, pour préserver leur rentabilité, elles ont fortement augmenté leurs tarifs. En 2018, dans un contexte rendu plus concurrentiel par l’arrivée de nouveaux acteurs tels qu’Orange Bank et alors que les Français comprennent qu’il est maintenant devenu beaucoup plus facile de changer d’établissement, les tarifs de la banque au quotidien n’augmentent que modérément. C’est le bon moment pour faire jouer la concurrence : les banques se lancent dans une course aux offres de bienvenue pour attirer de nouveaux clients… et sont prêtes à des efforts pour conserver leurs bons clients."

Le coût de la carte bancaire augmente


La tarification de certains services des banques augmente en revanche plus que d'autres. C'est notamment le cas de la carte bancaire, qui représente le tiers de la facture. Elle augmente ainsi dans 2 banques sur 3, pour une moyenne de 64,40 euros par an. Sur la période 2013-2018, leurs cotisations ont augmenté de 5,4% soit deux fois plus vite que l’inflation ! "La cotisation évolue différemment selon que la carte est à débit immédiat ou à débit différé, note Panorabanques. En 2018, la cotisation des cartes à débit immédiat, qui sont les plus répandues, augmente de 1,5% quand celle des cartes à débit différé baisse de 0,9%. La carte à débit différé, qui offre un service supplémentaire, est facturée en général plus cher que la carte à débit immédiat (43€ vs 41€). L’écart de prix tend à se réduire (seulement 4% de différence en 2018). Il s’inverse même dans une quinzaine de banques qui facturent désormais la carte à débit différé moins cher que la carte à débit immédiat."

Frais bancaire : l'alarmante enquête de 60 millions de consommateurs


Cette accalmie au niveau des tarifs constitue une bonne nouvelle pour les clients des banques, quelques semaines après la publication d'une enquête sur les frais bancaires par 60 Millions de consommateurs. Laquelle pointait un "matraquage" et des "pratiques qui ne font qu’enfoncer les clients dans leurs difficultés financières". "Commissions d’intervention, frais de rejet, lettre d’information pour compte débiteur… les réseaux bancaires ont mis en place une ahurissante mécanique de tarification", résumait l'association. 60 Millions de consommateurs pointait ainsi plusieurs frais bancaires, pénalisant les clients :

  • Des frais prélevés "exorbitants", de 34 euros pour un solde débiteur pour un client standard à 296 euros en moyenne pour les plus en difficultés ;
  • Des frais automatisés, avec des agios proches de l'usure et une commission d'intervention forfaitaire ;
  • Des frais de rejet de chèque et de prélèvement au maximum légal, soit 30 ou 50 euros pour un chèque selon le montant, et 20 euros pour un prélèvement. A cela s’ajoute de fortes tensions en agence : "Près de 9 conseillers sur 10 estiment que le montant de ces frais occasionne des violences verbales et parfois physiques, écrit 60 Millions de consommateurs. Selon nos estimations, l’ensemble de ces frais liés aux incidents de fonctionnement est très rémunérateur. Ils représentent 30 à 35 % du chiffre d’affaires des banques de détail, soit 6,5 milliards de chiffre d’affaires chaque année."

Poussées par l'arrivée de nouveaux acteurs, visées par une enquête de 60 Millions de consommateurs, les banques misent sur une quasi-stagnation de leurs tarifs en 2018 pour fidéliser leurs clients.

 
 
 
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